Double vie impossible



  • J'ai commencé mon "full-time", il y a quelques mois, qui par effet tâche d'huile, fait qu'aujourd'hui je suis une femme au quotidien (après une grosse crise cheveux, qui m'a obligé de venir au travail au féminin).

    Il y a un effet psychologique inattendu, c'est que je n'aime plus me présenter en "garçon" et plus les semaines passent plus le mode "garçon" est difficile à vivre (voir seulement d'y penser). Pourtant, j'étais en mode "garçon" très efféminé pendant plus de 20 ans après ma première grande crise de trans-identité avant j'étais juste plus ou moins efféminé. Je prend le mode "garçon" sous forme d'un jeu d'acteur (Patrick Jane), mais ça le fais de moins en moins (pas au niveau physique, mais psychologique).

    Le problème est que pour les vacances de fin d'année, j'invite ma mère à deux semaines de vacances (de rêve) avec mes enfants comme l'année dernière - petits plats dans les grands. Ma mère n'est pas informé de ma nouvelle situation (sauf fuite). C'est la dernière personne parmi mes ascendants, descendants et conjoint qui n'est pas informé. Il devient de plus en plus évidant que nous irons la chercher avec moi au féminin avant de faire route pour les vacances. Est-ce qu'il faut que je lui en touche un mot avant? Mais je ne me vois pas lui annoncer au téléphone ou lui faire un courrier. Et ça ne sera pas différent, car je viendrai chez elle en Gwendoline.

    Est-ce que l'une d'entre vous vis ou a vécu quelque chose de semblable sur l’impossibilité ou la quasi impossibilité de faire le "garçon" qu'elle était, après être devenue une femme?
    Je ne pensais pas qu'une telle chose pouvait exister ou alors je suis complètement dérangée.

    Je vais bien entendu en parler à ma psy.

    Amitiés,
    Gwendoline



  • Bonjour,

    C'est ta famille et ton ressenti qui compte le plus à mon avis. Ton caractère entre également en ligne de compte.

    Personnellement je préfère avertir avant, dans le but d'éviter une situation d'inconfort, surprise...etc...

    Je n'ai pas encore expérimenté ta situation, mais ça arrivera ^^.

    Comme toi je sent que la partie féminine prend plus de place, qui rendra le "retour arrière" de plus en plus complexe.. sur plusieurs aspects...

    En espérant avoir aidé ^^


  • Les amis d'été

    Même si c'est difficile averti avant. 

    J'ai pas parlé avec mon père de mon homosexualité, je suis venu avec mon copain à un repas de famille. Ca a été un moment difficile pour tout le monde.



  • Vous avez toutes raison, j'aimerai bien prendre le temps avant (j'aurai dû). Mais justement, le temps manque. Mon chef m'a rappelé que le premier dimanche de l'avent était passé, et qu'il reste 3 semaines avant Noël. Remarquez, j'aurai presque 2 semaines pour en débattre. Je suis une fille raisonnable en étant plutôt BCBG qu'adolescente attardée. Maintenant, je doit penser à m'occuper de ma valise.

    P.S. En plus, ma fille m'a fait une réflexion similaire à vos commentaires ce week-end.



  • L'idée consiste a donner du temps aux personnes pour assimiler en cas de besoin la nouvelle et "tasser" un peu le flot de questions qui peuvent en découdre.

    Mais bon, rien n'est absolument prévisible ^^



  • Il faut noter que j'ai un très lourd passif de féminité. Quand pendant 20 ans, je n'ai porté presque que des vêtements féminins, la différence entre le "avant" et le "après" est minime.

    J'ai fait deux types de "coming-out".

    • Les premiers auprès de ma famille (femme et enfants), j'ai les laissé venir d'eux-mêmes avec leurs questions.  Comment? C'est simple, piercing des oreilles en plus les mêmes que ceux de ma fille! et les ongles vernis en couleur (avant c'était base seule). Au deuxième weekends, les questions sont arrivées.
    • Les seconds auprès de mes collègues directs, j'ai simplement dit que je faisais ma transition et que des changements étaient à attendre. L'arrivée des cheveux a été le déclencheur pour les autres. Le fait que j'étais habillée au féminin depuis des années était associé à une apparence normale. Pour la majorité des autres, rien...

    @Gwenaelle Mon expérience montre qu'en fait rien n'est prévisible et que j'ai rapidement abandonné l'idée de contrôler quoique ce soit. Rester soi-même est probablement le meilleur plan. D'autre part, le fait d'avoir lu trop de mauvaises expériences d'autres femmes transgenres a plus miné mon moral que de me rassurer sur ma propre transition. En fait, chacune a sa propre histoire qui est unique avec ses propres désirs et priorités et vit et vivra ses bonnes ou mauvaises expériences.

    J'ai ainsi fait le pas d'être une femme au quotidien. C'était un petit pas dans les faits (une bonne routine quotidienne et des cheveux (1)), mais un grand saut psychologique (décision irrévocable et non sans conséquence).

    (1) Les cheveux (perruque) ont été et reste un sujet très sensible pour moi. Ils sont (ont été) la marque de ma transition définitive. C'est également perçu de le sorte par mes interlocuteurs.

    Ce post est encore le reflet de mes inquiétudes post-transition et le fait nouveau qu'il m'ait difficile d'être encore un "garçon", même de jouer le "garçon". Je me sent une idiote finie et complètement désarmée... une dépression pour des cheveux ou pour jouer le "garçon"... n'importe quoi. Où est le rationnel dans tout ça? Et maintenant les larmes me montent aux yeux. C'est terrifiant, car je sais que je serai une femme lorsque je rencontrerai ma mère la prochaine fois que se soit aujourd'hui ou dans trois semaines et j'essaye de me convaincre du contraire. J'en pleure. Et comme dans toute ma transition, le problème, c'est moi avec moi-même et mes incohérences.

    Dire que ma fille a tout compris depuis des semaines... et m'a averti des conséquences. Qu'est ce que je peux y faire à part pleurer?

    Mise à jour du 6 Décembre 2018

    Les ennuis commencent.

    Demain, j'aurai bien aimé mettre une robe pour les différentes activités féminines que je dois faire. En soirée, je dois accompagner ma fille au collège pour récupérer son brevet. Si je suis en robe, elle me tue. Donc, je serai une femme en jeans pour ne pas changer.

    Semaine prochaine, c'est réunion parents-professeurs au lycée. Là, si je suis une femme, elle me tue. Je vais devoir faire le Patrick Jane de service. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça me coûte.



  • Pas facile, pas facile ... Je voterai pour en parler à ta mère avant.

    Est ce que tes enfants ne pourraient pas t'y aider ? soit en le faisant pour toi, soit en t'accompagnant ?


    Biz



  • @chloe45t Le temps manque pour en parler à ma mère. Mais est-ce nécessaire (lire plus bas)? Nous serons de nouveau tous ensemble (moi, ma mère et mes enfants sans ma femme). D'ailleurs ma fille m'a déjà averti que je fais dans le n'importe quoi. Le n'importe quoi et l’improvisation sont mes grandes spécialités pas toujours très réussies.

    Et si j'en suis là, je te rappelle que tu n'en es pas tout à fait étrangère. Quand on pousse à la roue, ça roule forcément. Remarque, je t'en remercie quand même (genre reconnaissance éternelle), mais il y a quand même pas mal d'effets de bord. Remarque, avant c'était guère mieux.

    C'est vrai, maintenant que je me rappelle, les vacances du Nouvel An de l'année dernière avec les mêmes (moi, ma mère, et mes enfants sans ma femme) au même endroit que cette année, j'étais déjà habillée vraiment (très) féminin pour ne pas changer. Ils avaient fait des remarques à propos de mes chaussures à la soirée du Nouvel An - ça ne serait pas des chaussures de femme? - réponse foireuse comme d'habitude. J'ai vraiment l'impression, comme tu me l'as déjà dit, que je devais être la seule à ne pas me rendre compte de (voir plutôt à nier) mon attitude. En fait en y réfléchissant, j'étais vraiment dans le déni, un peu comme le déni de grossesse. Je suis quand même une grande malade pour le coup. Ça explique beaucoup de chose. Maintenant, je commence à comprendre pourquoi j'ai toujours cette impression qu'entre avant et après, il n'y a pas de différences et pour cause il n'y en pas ou si peu. Que la commère du village me trouve des attitudes efféminées. etc.

    J'ai comme l'impression que ma mère ne va rien découvrir, d'autant qu'elle est très psychologue de part son ancienne profession et que certaines réponses foireuses ont du bien l'amuser. Comme elle ne vient pas à la piscine, elle fait de la lecture, des mots croisés, et observe les gens et elle s'en amuse. Alors moi, tu parles, c'est à livre ouvert. Je pense même qu'elle doit le savoir depuis longtemps et que ça pourrait bien expliquer une partie de son discours déjà ancien. Si tel est le cas, pour le coup, Chloé, tu as le droit de me traiter de nulle. De toute façon, j'étais et je suis et reste une grosse nulle sur toute la ligne et ce n'est pas l'intelligence qui manque, mais en psychologie zéro pointé.

    Je vais retourner voir la spécialiste capillaire à propos 1) de ma perruque qui se fait maintenant très (trop) discrète et 2) de mes vrais cheveux de plus en plus longs. Je me demande, si il ne va pas falloir faire une couleur identique à la perruque pour mes cheveux pour que ça se mixte. J'estime encore à environ 3 mois pour que mes vrais cheveux atteignent la longueur des cheveux de la perruque. De toute façon, pour cet été, je n'y couperai pas où je vais passer au complément capillaire clipsé. Des problème de femme...

    Remarque une couleur, surtout celle de mes perruques, n'est pas sans conséquence. Surtout à la piscine, autant mettre de suite un maillot une pièce.