Stéréotypes et passing
-
Hier soir, j'étais de sortie, au programme dîner chez une amie. Et forcément, le sujet de la transidentité est revenu sur le tapis. Elle m'a raconté une anecdote qui m'a fait pensé à une discussion que nous avions déjà eu ici (mais je n'ai pas retrouvé le sujet).
Elle me raconte avoir repris contact avec un de ses amis perdu de vue depuis plusieurs années. Il se sont revus et il lui a présenté sa femme, mais mon amie sent que quelque chose "cloche".
La nouvelle femme est toujours très féminine (peut être un peu trop). Elle est très à l'aise lorsqu'elle sort alors qu'ils vivent en région parisienne, là où les femmes se font siffler et harceler dans la rue. Et là mon amie a le déclic, les seules personnes aussi à l'aise dans la rue, ce sont les hommes. Elle réalise que la nouvelle femme de son ami est une femme trans. S'en suit une discussion avec son ami qui lui confirme (elle n'a aucun problème avec ça, c'est la première à m'inviter pour des soirées filles haha)
Bref ça m'a rappelé le sujet autour des stéréotypes. Le débat que nous avions pour savoir si nous nous identifions à des stéréotypes de la féminité (toujours en jupe ou robe / maquillée / talons / cheveux longs...). Ici, il y a aussi la notion de masculinité "conservée" dans l'attitude de cette femme de ne pas avoir "peur" de sortir.
Personnellement, je suis loin d'avoir cette assurance. Et sortant de chez mon amie hier soir, il n'y avait plus de lumière dans le bourg et j'étais garée loin. Je ne faisais pas la fière haha ! -
Je suis tombée sur ce post hier soir, je n'ai pas réussi à écrire une réponse "évidente" car le sujet me semble assez complexe. C'est pourtant une question intéressante.
Me concernant, je ne me sens pas si à l'aise que ça en public. A fortiori dans des endroits peu sûrs pour une femme (C'est terrible d'écrire ça). Dans ces cas là je rase les mûrs, marche plus vite et ne traîne pas. Simple parano? Un soir à Paris j'ai croisé deux types éméchés qui ont, de prime abord, été agressifs avant de me trouver à leur goût. Heureusement que j'ai pû être secourue par deux amies qui m'ont rejointe. Les quelques dizaines de mètres qui m'ont séparé d'elles ont été particulièrement éprouvants. Je n'ose imaginer ce qui se serait passé si elles n'avaient pas été là.
Alors certaines consoeurs seraient mieux armées du fait de leur passé masculin? Je veux bien l'entendre mais ce n'est pas une regle générale. Et dans ce cas la "faiblesse" des femmes cis en est-elle une? J'imagine que là non plus. Ce qui me semble évident, par contre, c'est qu'une femme est considérée comme une proie facile et donc plus susceptible de se faire agresser qu'un homme, ce qui crée un biais de comportement qui fausse l'objectivité de l'analyse.
(On est pas loin de la statistique de Stéphanie sur les agressions transphobes non ?)
-
@Pascale Pareille que toi, Pascale ! Perso il est vrai que je n'ai pas vraiment peur en public, ou plutôt de moins en moins peur, mais je ne me rappelle pas avoir jamais été un garcon particulierement courageux . . par contre j'ai toujours adoré réussir (généralement par la ruse ou au moins par la réflexion) des paris qui semblaient impossibles, il est probable aussi que je ne déteste pas un peu d'adrénaline . . mais je ne suis pas du tout du genre à fréquenter les maneges a sensations extremes des fetes foraines . . ou l'on voit malgré tout autant de filles que de garcons . . si ce 'est même davantage de filles que de garcons . . à se demander qui a le plus de ce que vous imaginez . .
Par contre Jade met le doigt sur un truc intéressant, la jolie gazelle que nous sommes aujourd'hui résulte souvent d'un "Dédé" que nous avons pu etre à une certaine époque, et pendant une période plus ou moins longue . . il y a forcément un lien (par transformation ou par continuité) entre ces deux personnages . . et donc certainement aussi une sorte de rémanence résiduelle . .
Exemple de question que je me pose, c'est indirectement le conflit (divorce) avec mon ex qui m'a encouragée à devenir ce que je suis . . parmi sans doute d'autres raisons . . je me demande souvent si au moins moi et peut etre d'autres aussi ne serions pas dans une sorte de "compétition" avec des femmes proches . . pour etre plus "femmes idéales" qu'elles . . mais vu par le mec qui sommeille peut etre encore au fond de nous . . l'anti-dragon (ou l'anti-croco) en quelque sorte . . attention je ne prétends pas que cette hypothese s'applique à tout le monde, c'est surtout une tentative d'analyse de mon cas perso . .
-
Stephanie Dupont a dit:
je me demande souvent si au moins moi et peut etre d'autres aussi ne serions pas dans une sorte de "compétition" avec des femmes proches . . pour etre plus "femmes idéales" qu'elles . . mais vu par le mec qui sommeille au fond de nous .
Je pense qu'il y a de ça, au moins en partie. Mais... c'est la même chose chez les femmes cis et je ne crois pas que le "mec" en soit fondamentalement la cause. Moi, je suis plutôt fan de mode et j'adore soigner mon look. Je suis souvent sophistiquée, me maquille quasi tous les jours. Et j'ai remarqué que cela influence les femmes autour de moi. J'en ai vu littéralement se métamorphoser ^^ Cela semble essentiellement affecter les femmes de mon âge * Au début je n'ai pas fait le rapprochement mais comme le scénario se répète, je crois bien que ça vient de moi. Je pourrais raconter plein d'anecdotes là-dessus. Pour certaines, c'est peut-être aussi parce qu'elles vivent mal d'être moins bien fagotéees qu'une femme trans, allez savoir. Mais pas toujours.
* C'est aussi mon cas lorsque je vois une femme de mon âge dont le style me séduit. Je ne suis pas sensible à celui des plus jeunes. (Je ne projette pas, disons)
-
@Pascale Hihi, encore une fois pareille !
J'ai parlé récemment de ce fameux "challenge garde robe" que j'ai tant adoré, en réalité c'était un événement organisé par une amie "conseillere en image" qui a trouvé un truc formidable pour aider les femmes mal dans leur féminité quand elles regardent leur garde robe . . je suis moche, je sais pas quoi me mettre, etc . . Une approche vraiment géniale si on l'analyse par les "lois de la suqgestion" qui me passionnent, bien plus puissant que la meilleure des analyses psychothérapeutiques . .
Et contrairement à une certaine Cristina, cette amie avec qui j'ai eu beaucoup d'échanges n'est pas du tout transphobe, sans que j'aie jamais "cotisé" à ses formations de conseillere en image elle m'a beaucoup appris . . et même bien plus que pour ma garde robe . .
En participant à son challege mon intention était surtout de l'aider à décrocher de nouvelles inscriptions à ses séminaires, mais je me suis vraiment prise au jeu, et bien mieux que la seconde marche du podium, j'ai surtout découvert que même moi pouvais aider des femmes bios à se sentir mieux dans leur peau et dans leurs escarpins . . ça c'est vraiment un sentiment fabuleux . . presque ultime pour une femme transgenre . . on retrouve peut etre un peu aussi cette notion de "femme chamane" qui est souvent évoquée . . il faut savoir aussi que 3 jours avant la fin de ce fameux challenge qui avait duré 10 jours, j'ai demandé formellement aux concurrentes d'arreter de me liker, j'aurais été vraiment gênée par rapport à l'amie organisatrice de finir sur la premiere marche . . je m'étais déclarée femme transgenre des mon inscription . .
J'adore investiguer ce genre d'experiences, je me suis rendue compte aussi que si je pouvais aider les femmes, je pouvais le faire aussi au service des garcons, ca se résume par une de mes formules dont je revendique la maternité "les meres font des garcons, ce sont les femmes qui en font des hommes" . . ou pas . .

Ce qui est génial aussi est de sympathiser avec d'autres clientes quand on fait les boutiques, on était arrivées seules et tout à coup on se retrouve entre passionnées à écumer les rayons ensemble devant les vendeues qui ouvrent des yeux comme des soucoupes . . là aussi j'ai adoré de grands moments de délires . .
Et peut etre pas non plus un hasard si on se retrouve des points communs, c'est toi qui m'a appris à une certaine époque l'importance qu'il fallait accorder à nos zémotions . . maintenant je dis aussi qu'il faut apprendre à "laisser parler ses tripes" . .
-
Le passing. comme vous j'essaie de m'intégrer.
Depuis presque une année, je participe à des groupes de parole pour les aidants et aidantes.
Lors des présentations, je n'ai pas hésitée à leur faire par de qui j'étais. j'ai lors des premières réunions continuée à porter des vêtements "non genrés" et puis décidée de me montrer telle que j'étais face à leur accueil et leur empathie. Il est sur que ce public étant dans une problématique mentale difficile est souvent sans préjugés.
Grace à ce groupe, j'arrive, même si quelques questions fusent à m'accepter telle que je suis et pas comme celle que j'aurais aimée être. chaque groupe de parole se termine avec un pot au bar et parfois devant une sortie restaurant.
il me faut ensuite retrouver mon véhicule parfois dans "la nuit" d'une ville moyenne (Besançon) et là il y a toujours une appréhension non due à mon passing mais au fait que je sois en robe ou jupe dans la rue le soir.Une tenue simple je précise j'en ai fini de me pomponner comme une midinette

-
@galwenne Purée elles ont tout oublié, faut que je reprenne les cours que j'avais commencé à donner sur Agora . .

Dans passing on retrouve le mot "passive", ne le soyons pas devant notre image, soyons actives au contraire, ne nous contentons pas d'essayer de "passer"en pensant au fond de nous "inapercues" . . . pensons charming, ou meme encore mieux avec séduction . . . en laissant au contraire un souvenir agréable de notre passage . .
-
@Stephanie-Dupont Je savais bien qu'a relancer ces échanges, le charming allait refaire une apparition

Il y a un défaut dans ton approche, Steph. Cette "stratégie" implique un certain mental que toutes n'ont pas. Ni le vécu et l'expérience qui en a découlé. Les femmes trans sont souvent des personnes en souffrance et fragilisées. Tout ça pour dire que c'est plus facile à dire qu'à faire
-
@Pascale justement, Pascale, et même si ca parait incohérent, plutôt que "comment vivre" je me suis plutôt demandé "pourquoi vivre" . . possible que je ne soies pas "une vraie trans" au sens habituel, mais je n'ai jamais vraiment vécu de questionnement "vraiment douloureux" sur ma dysphorie . .
-
@Stephanie-Dupont Ce que j'ai voulu exprimer c'est simplement que tu as le mental qu'il faut pour jouer avec ça. Tout le monde n'a pas cette force. (Et toi seule peut dire si tu es trans ou pas.)
Galwenne a vécu une agression verbale assez violente un jour (Dans un supermarché). Je comprends ses appréhensions.
Bonjour ! Vous semblez intéressé par cette conversation, mais vous n’avez pas encore de compte.
Marre de refaire défiler les mêmes messages ? Créez un compte pour retrouver votre position, recevoir des notifications des nouvelles réponses, sauvegarder vos favoris et voter pour les messages que vous appréciez.
Grâce à votre participation, ce message peut devenir encore meilleur 💗
S'inscrire Se connecter