A la recherche de "Soyez vous même".



  • La question de 3 h du mat

    J'ai souvent lu et d'ailleurs c'était une phrase bien connue d'une personne également connue par nous ici

    "Soyez vous même"

    Qu'est ce qu'est être soi-même ? 

    Comment être soi même ?

    J'ai pas une démarche de nana, je me fous du vernis partout et j'en renverse sur le tapis, j'ai pas les fesses que je souhaiterais, et je fais du 43. Si c'est ça être soi-même je dois pas être doué.

    Je regarde les gens, et c'est vrai qu'ils ont l'air d'être eux-même. Mais alors pourquoi le suis je donc pas. Est ce parce que l'on m'a dit un jour, "dis pas ça c'est pas poli, tiens toi bien à table".

    Le fait que j'ai toujours l'appréhension quand je sors de mon immeuble de rencontrer un voisin m'interdit d'être moi-même. A quelques centaines de mètres de là, je suis moi-même. Et bien non, j'ai toujours l'appréhension que quelqu'un me demande son chemin, alors qu'en étant moi-même je ne devrais pas. 

    Si je n'avais pas idée de cette "manie", serais je moi même de n'avoir jamais connu la sensation de porter une jupe ?

    On peut transposer çà à l'ensemble de la population, la société nous fond et nous confond. Ne pas s'y conformer est le résultat de l'interaction qu'elle a sur nous. S'y conformer, c'est ne pas être maître de son libre arbitre.

    Qu'est ce que le "soyez vous même" 

    le "Soyez vous même", l'avez vous trouvé ? 

    Bon c'est tordu, c'est mal écrit, et à certains passages mal pensé mais pendant que j'écrivais ces quelques mots j'ai eu l'impression d'être moi même.




  • Je suis moi, quand j’ose m’affirmer et refuser ce qui ne me convient pas.
    Je suis moi quand je ne me préoccupe pas de ce que les gens pensent de moi.
    Je suis moi quand je ne me préoccupe plus de mon image, de ce que les autres pensent, de ce que je fais aux yeux des autres.
    Ne pas se couper des autres par notre différence, bien au contraire ! je m’inclus avec eux, mais je sais rester moi parce que j’accepte que les autres restent ce qu’ils sont.
    Sois toi, et je serai moi… Je suis moi, et tu es toi… Et chacun de nous sera lui-même.



  • En tout cas pour être soi-même il faut embrasser l'idée qu'il y a plusieurs routes et que l'on est libre de ses choix. Ça s'oppose à une vision normative de la collectivité. Parceque vivre en société ce n'est pas abandonner ses libertés. C'est donc refuser un rapport de domination.

    A mon sens être soi-même c'est comme la démocratie, un but que l'on vise, dont on s'approche plus ou moins sans jamais l'atteindre. Ça nécessite un effort continu. Ça passe par un regard intérieur que l'on appelera méditation,  auto-hypnose, ennuie, prière, ...



  • @mélanie a dit :

    Parceque vivre en société ce n'est pas abandonner ses libertés. C'est donc refuser un rapport de domination.

     N'ayant pas trop le temps le matin, je répondrai globalement à la question de Mallory ce soir. Mais je trouve ce propos très intéressant, et tu as condensés en une phrase un peu ce que je pensais.

    "Soyez vous même" n'a jamais était, à mon avis, une incitation à l’égoïsme ("je me moque des autres"), c'est refuser que notre manière d'être puisse avoir une importance aux regards des autres. Il y a des règles de bienséances pour bien s'intégrer en société (Mallory disait : "soi poli"), mais autant mettre de la musique forte à 3h du mat', ça risque d'énerver ton voisin. Mais se balader en ballerine, je ne vois pas en quoi ça peut déranger les gens. Et cette différence est fondamentale à mon avis, car il souligne les points sur lequel les gens ne devraient pas porter de jugement, de ce qu'il est normal de juger. Dans les deux cas, tu es toi même, mais... C'est un peu différent ^^

    Et je pense que cette phrase permet également de se placer où l'on veut dans l'ensemble du spectre des genres, sans avoir à se positionner exactement sur l'un ou l'autre genre.



  • Notre transidentité n'aide pas à être soi-même. N'oubliez pas que bien des personnes bien dans leur genre assigné ont du mal à répondre à cette même question.

    Vous trouverez peut-être une réponse dans ce qui s'appelle pompeusement l'intelligence émotionnelle. Pour faire court (quitte à horripiler les connaisseurs), il s'agit d'établir une relation détendue avec autrui.

    Première étape : être à l'aise avec ses avis et surtout ses émotions. Il faut observer ses émotions, positives - rire, joie, ...- ou négatives, les accepter car elles sont liées à nos valeurs et comprendre le lien avec nos valeurs (exemple au hasard, on peut rire et se moquer d'une trans car ce n'est pas dans nos valeurs). Exemple plus proche : on peut mal prendre le fait d'être mal genré-e. Bon ça on sait qu'on réagit ainsi donc on ne va pas hurler sur le fauteur de trouble (sauf si c'est visiblement intentionnel). On rappelle juste son avis sur la question, avec assurance, en gardant sa colère à distance. Comme dans toute situation, si vous manifestez de la crainte, l'autre peut chercher à prendre l'ascendant, si vous manifestez de la force, il peut prendre la fuite ou combattre en criant au fou dans les deux cas. L'intelligence émotionnelle vous fait mettre votre colère de côté et rester neutre dans l'expression de votre avis. Votre interlocuteur se dit alors que vous êtes à l'aise et que vous ne l'agressez pas. La relation entre dans un mode détente.

    Mon exemple est très raccourci, juste pour illustrer. En fait, tout se joue avant les premières discussions un peu consistantes. Si vous abordez une nouvelle personne de façon détendue, posée, neutre c'est-à-dire ni dans le retrait ni dans le rapport de force, cette personne ne voit en vous ni une proie ni un prédateur. Si par dessus, vous présentez un tant soit peu vos goûts, vos avis, toujours sans véhémence, la personne vous découvre et réduit son incertitude quant à vous, ce qui revient à réduire son stress inconscient (pensez aux animaux quand ils se découvrent lentement).

    On vient d'entrer dans la deuxième étape. Le fait de créer une relation avec autrui en partant de votre attitude stable, neutre, crée un climat de détente. Votre interlocuteur, sauf pervers, a également un intérêt inconscient à réduire son niveau de stress et donc à adopter une attitude stable, neutre. Ce qui n'empêche pas par la suite, dans le monde professionnel, dans nos tranches de vie de transgenre, d'avoir des discussions animées ensuite mais toujours dans un respect réciproque car on a découvert que l'autre n'est pas un danger.

    Au quotidien, j'ai adopté cette attitude avec mes commerçants. Au début et quelquefois encore, je pouvais appréhender ma première visite au féminin dans leur boutique. Je le savais, je mettais de côté et m'adressait à eux comme quiconque. C'est eux qui en étaient surpris mais qui sentaient en même temps que je ne ressentais ni peur ni agressivité. "Ah cela peut être aussi simple", devaient-il penser. Pour les femmes, ça va très vite. Pour les hommes, c'est plus long ! Je pense à un commerçant qui a été scotché la première fois qu'il m'a vue dans sa boutique. A la deuxième visite, il était encore tendu. Mais comme à chaque fois, pendant le paiement en caisse, je lui parlais comme si de rien n'était, la troisième fois, il fut détendu. Depuis, on échange sur ma transition et il me demande des nouvelles de lui-même.

    Désolée, j'ai été un peu longue, mais difficile de faire court sur ce sujet. La méditation que cite Mélanie est un "bon outil" de l'intelligence émotionnelle. Ce n'est pas indispensable pour celles que cela rebute.

    N'oubliez pas que l'intelligence émotionnelle est très valorisée par les RH ces derniers temps, en plus de pouvoir servir avec ses proches et dans notre situation. Cette discipline sera sans doute remplacée par autre chose dans qqs années mais elle contribue à s'accomplir, l'ultime stade de la pyramide de Maslow.



  • Bonjour,

    Oui la question est, je pense, très complexe. Le résumé de Claire synthétise bien ce que j'ai également pu comprendre de ce qu'est l' intelligence émotionnelle et  la fameuse phrase " Soyez vous-même".

    Personnellement je tiens a travailler sur ce sujet avant d'entamer ma transition. Car me concernant, je pense qu'il est essentiel d'avoir un bon "bagage" avant d'entamer ce genre de voyage.

    Je suis en train de lire un livre à ce sujet ( dont j'ai oublié le nom car je l'ai oublié chez mes parents) en gros dans un premier temps il tente de donner plus de sens a ce que l'on veux ou souhaiterais et il nous invite à aller au delà de la façade...

    L'idée globale de l'ouvrage, est apparemment de pouvoir se trouver sois-même. Tel que l'on est et a s'aimer en conséquence. edit : Laure Zanella " Confiance en soi amour de soi estime de soi"

    N'hésitez pas à me demander le nom du livre si ça vous interesse. Je l'aurais de nouveau vers le 11 Mai.

    En attendant, je vous partage un site qui pourrais peut-être vous être utile. ici

    Bises


  • Les amis d'été

    Belle question qui est effectivement au coeur de nos démarches. Mais, au début je ne comprenais pas cette injonction de qui on sait.

    Je n'ai pas d'avis ou de conseils à partager, mais juste mon expérience : A force d'efforts j'ai reussi à me faire accepter comme moi même aupres de certains de mes proches (et "moi même" est certainement différent de vous mêmes, car nous sommes tous différents). Et c'est là que j'ai compris, car malgré ma transformation qui est on ne peut plus artificielle, j'ai des moments où je suis moi même au feminin. Et mes proches me parlent comme toujours. Seulement, j'ai toujours de magnifiques souvenirs de ces moments, et les gens me disent qu'ils ressentent que je suis mieux dans mes baskets.

    Mais j'ai toujours peur que être moi-même soit une gêne pour les autres, et j'ai souvent peur des autres, ce qui m'empêche d'être moi-même à tout moment. Et finalement j'y tiens, car je suis aussi moi-même en gardant des relations normales avec les autres.

    Bon, c'est un peu brouillon, mais c'est moi ...


  • Les amis d'été

    Etre moi même, pour moi c'est déjà être loyal avec mon vrai moi. Lors de mon ex mariage, je pense que j ai essayé d'être l homme que mon ex voulait que je sois plutôt que de laisser s'exprimer celui que je suis vraiment. A force d'essayer d'entrer dans le moule, ma vie était tarte!

    Que de temps perdu! Depuis je laisse exprimer ma vraie personnalité. Cette personnalité comprend un double féminin. Je laisse ma part feminine et tous les goûts que je refoulais avant s exprimer: mon goût pour les fringues,  le maquillage les discussions avec les copines....etc

    Je fais vivre mon double féminin qui est passé du placard à des sorties avec des copines, du secret de mon intimité à des animations en soirée.

    Je pense laisser exprimer ma vraie personnalité et mes goûts pour les relations humaines. Avant j'avais peur que ma personnalité ne plaise pas. Je m isolais dans une timidité confortable. Mais j'étais devenu triste.

    Depuis une dizaine d année, je vis pour moi et je profite de la vie. J'ai pris beaucoup de recul sur les petits soucis de la vie quotidienne qui glissent sur moi .  Je relativise beaucoup de choses. 

    Bien sur,  on ne peut pas plaire à tout le monde. Je prends le parti d être moi même soit les gens m aiment telle que je suis soit tant pis. Il faut pas prendre la vie trop au sérieux, il n'y aurra pas de survivants. 



  • Oui je suis d'accord, être sois-même je pense que c'est être fidèle à sois-même.

    A cet instant je pense a : être sois-même = Se découvrir + se cultiver et se construire + être fidèle à son "moi profond" .

    Je ne pense pas que ce soir le meilleur résumé du monde, mais c'est un résumé qui, je pense mérite d'être posé et lu.

    ( houlala les chevilles !! ) xD

    Bises