La famille, comment gérez-vous ?



  • Suite à une discussion que j'ai eu avec @Gwenaelle , j'avais envie de savoir comment vous gériez votre transidentité par rapport à votre famille ?

    De mon côté, c'est totalement compartimenté, et cela me pose très régulièrement des soucis. 

    Je ne suis pas en couple, donc je n'ai pas le soucis d'en parler à mon éventuel copine. Et du coup, mon appartement est devenu complètement mixte au fil des années.
    Des choses toutes bêtes, comme venir chez moi à l'improviste sont relativement délicats à gérer.



  • Un sujet très vaste que celui là, je ne sais pas trop ce que ce qui suit va apporter, mais un petit événement récent de ma vie pourrait peut-être te guidé.

    Nous somme qu'on le veuille ou non tous devenus des personnages public (j'entends par le fait d'utiliser les réseaux sociaux quel qu'il soit).

    Et je suis en partie comme toi dans le sens ou aucune copine ne vie avec moi en permanence, et ma féminité déborde. 

    Là où c'est différent (totalement), c'est que sauf en cette période chez moi il y a deux enfants.

    Donc, la copine qui est là environ 2 jours sur 7 est au courant, 

    Sait depuis toujours, ne veut rien voir,  mais participe parfois par toute petite touche (m'a dit la semaine passée que je m'habillais comme une bobonne ...oups).

    M'a permis d'avoir de long cheveux, supporte mes oreilles percées et mes boucles d'oreilles plutôt féminine  au quotidien, et fait les magasins avec moi en connaissance de cause (mais ne m'achète rien de féminin)

    Elle sait depuis toujours puisque un de nos premiers soir, je lui ai lâché le gros morceau, l'ai invité à regarder le contenu de l’armoire a gauche dans la chambre 

    (Ce qu'elle n'a jamais fait devant moi mais l'a forcément fait vu le commentaire énoncé plus haut).

    Elle est entrée dans ma vie au moment ou je me reconstruisais avec deux facettes et je ne voulais pas choisir (j'ai pris le risque, il n'y avait encore qu'une amourette de quelques semaines).

    Donc ceci n'est pas applicable à ta maman (oui, j'ai lu votre conversation, plutôt survolé).

    Les parents à présent, sont âgé (j'aurais moi même 50 ans l'an prochain), son très obtus, très fermé, surtout papa (raciste et surement un peu homophobe et fait souvent des amalgame improbable), 

    Heureusement ils ne sont pas sur les réseaux sociaux (donc, silence radio et basta).

    J'ai aussi une sœur, c'est là que j'en reviens au début, nous somme publiques, 3 enfants dont un qui use les réseaux sociaux. Et boum. Pas besoin de te faire un dessin ...

    Donc un jour (récent), est tombé la question, dans sa cuisine " tu as une double vie ? ". Réponse " rien que ma copine ne sache". "Tu sais comment" .... Fin de la conversation "J'aurais préféré l'apprendre autrement".

    Nous n'en avons plus parlé depuis, je lui ai juste donné ma petite bio pour qu'elle puisse avoir des éléments pour gérer (pour autant que ce soit nécessaire), celui de ses enfants qui sait.

    Ce qui est important pour toi ici c'est la dernière phrase de l'entretien. "J'aurais préféré l'apprendre autrement" et pas d'autre commentaire, pas de jugement, nos vies continuent comme avant.

    Ah aussi une dernière chose, ma grande de 15 ans doit savoir (via son cousin), mais aussi parce qu'elle me pique allègrement vêtements et maquillages, et me nargue avec en plus... du genre "ose me dire un truc ..."

    Et oui.

    Bon fin du monologue, j'espère que tu as trouvé une petite info utile dans un coin.

    Kiss



  • Bonjour,


    Merci pour ta participation Sylvainemmanuel.


    J'en profites pour apporter une pierre modeste à l'édifice. 
    Pour commencer, toute ma famille proche ( directe) est au courant. Ils ne m'ont pas forcément vue en nana pour le moment, mais bon je pense que ça arrivera.
    Concernant mes amis, pareil c'est fait. Pour le coup ils sont tous au courant, en dehors des connaissances que je vois 1 ou 2 fois par ans.
    Cela n'a pas été facile à "avouer" (j'utilise ce terme car c'est le sentiment de culpabilité et de souffrance qui prime chez moi depuis le début. Ce qui aujourd'hui reste une problématique).


    Pour en revenir à la question initiale, je gère de façon "rationnelle" dans le sent ou j'explique par des fais, ressentis ou "scientifiques" mon goût très prononcé pour la féminité qui chemine vers une réassignation de genre. Je dit scientifique car je spécifie bien que je consulte des professionnels de la santé qui sont censés être compétents dans ce domaine (je dis censé car c'est, à l'échelle de l'humanité c'est un sujet récent qui n'est pas forcément bien traité par l'ensemble du corps médical ou gouvernemental).


    Donc oui, je compartimente dans le sens ou je ménage mes proches et j'indique également que je reste disponible et ouverte à tout échange sur le sujet à partir du moment ou ça se fait dans un respect mutuel avec des questions un minimum réfléchies.
    En résumé, je dirais qu'il faut avant tout « bosser son sujet » avant d'en parler à ses proches, car cela soulève souvent des questions et il est essentiel de se faire comprendre le mieux possible. Ce qui est , dans un cas aussi complexe qu'est sa propre identité un investissement quotidiens pour ma part.

    Le fait d'en parler calmement, à tendance à faciliter des situations qui pourraient devenir délicates ou houleuses, puisqu'elles ont été anticipés ( bague qui traîne, soutif à sécher dans l'appart' lors d'une visite improviste, etc).

    Donc ma façon de gérer, c'est d'en parler ( pas simple hein ^^)


    Bisous 💓 



  • Coucou ,
    Pour la famille, c'est toujours en gars, même pour les rares proches qui savent mais ne veulent rien voir rien  savoir. Du coup, ils voient un peu plus de la palette d'affaires relativement mixtes que les autres du fait des circonstances (ex. pour le sport). Je ne fais rien de plus en leur présence.

    Je ne vois pas de raison de leur en parler d'avantage, car je ne veux pas m'engager dans une transition actuellement. Qui je suis au fond reellement et comment je vis ça importe peu.


  • Les amis d'été

    J ai une partie de ma belle famille qui est au courant, suite à des animations lors de plusieurs fêtes et mariage. Ils ont compris que j'étais en fille plus souvent et en dehors de ces événements. 

    Ma mère ne le sais pas. J ai peu de contact avec ma soeur. Ma belle soeur viens parfois à des soirées  ou je suis en fille. Mes enfants ne savent pas trop.

    Ma femme me laisse faire. Elle n est pas fan... j essaye de trouver un équilibre et de cacher ce qu' elle ne veut pas voir.

    J ai des amis qui ne sont pas au courant. Des amis qui le sont et qui n aiment pas ou dont mal à l aise et des personnes qui m'ont connu en femme avant de me connaître en homme...

    Mes collègues ne sont pas au courant et j espère que cela restera comme cela.

    C est un équilibre qui me convient...



  • petite pierre en plus hier soir,

    sur le long chemin de la normalisation avec ma sœur, libérée du secret vis à vis d'elle (voir mon premier texte posté ici il y a quelques jours), 

    lui ai parlé (l'air de rien) de cette sensation bizarre d’être au ras du sol devant elle (après plusieurs jours de sandales très haut perchée) ...

    jubilatoire, ...


  • Les amis d'été

    Ma petite participation :

    Ma famille proche (femme et enfant) sont au courant et partage presque tous mes moment au féminin.

    Ma famille au sens large (parents, oncles,  cousins ...) sont presque tous au courant, d’ailleurs je l'ai annoncé la semaine dernière à mon frère. Il ne me reste presque que mon père (mais comme d'autres, le sujet sera un peu choquant pour lui).

    Mes amis sont tous au courant.

    Ça s'est bien passé avec tous le monde, et petit à petit ils m'ont tous vu en femme. Et mes amis acceptent même que je sorte au féminin en ville avec eux .

    Je n'ai finalement qu'un petit problème : J'ai un voisin qui est aussi amis. Il m'a découvert par surprise sans que je lui explique. Il n'a pas posé de problème et ma dit que ça ne le gênait pas tant que ce n'était pas devant les enfants. Et la je suis très embêtée. Car, j'ai toujours essayé d'être la plus naturelle pour ne pas poser de problème devant les enfants, et là pour les personnes qui sont les plus proches (physiquement), ça les gènes. Je ne sais pas comment gérer cette difficulté.



  • Une petite pierre de plus à l’édifice.
    Tout mon coté familiale est au courant, particulièrement depuis que j’ai commencé à sortir en mode fille à l’âge de 13/14 ans (mon coté physique me le permettait).
    Coté voisinages, tout le monde est au parfum, et jusqu’à présent je n’ai pas de soucis.
    Concernant le coté professionnel (rarissime), cela se passe plutôt même bien, en partant de mes collègues à mes supérieurs, j’ai la chance de pouvoir travailler dans les 3 modes.



  • @Nathalie nous relatait une condition qui revient souvent dans les temoignages : "tant que ce n'était pas devant les enfants." J'ai comme impression que ce sont les mêmes parents qui ne laisseraient pas leurs garçon jouer à la poupée, mais qui n'hésitent pas à rire d'une "bonne" blague discriminante ...



  • Coucou !

    De mon coté j'ai une famille divisée en deux parties :

    -Du coté maternel, ma mère mon frère et ma sœur le savent mais il y a juste ma sœur qui m'as déjà vu et aidé. Le sujet n'est pas abordé a tout les coups mais cela ne gêne pas. Comme l'as bien dis Gwen, l'explication scientifique et la prise de conscience que chaque être est différent tout en ayant ses propres ressentis permet de faire comprendre aux personnes ouvertes d'esprits.

    -Du coté paternel c'est une forteresse aux herses baissées. Mon père et ma belle-mère ont une vision encore "archaïque" du monde et on sublime ça d'une bonne dose de chauvinisme; ce qui as eu le don d'influencer mon frère et ma sœur du coté de mon père. J'estime par conséquent qu'ils ne sont pas "prêts" a le savoir.

    J'ai aussi beaucoup d'oncles et tantes qui l'ignorent, Leur dire est envisageable mais je ne trouve pas le moment propice a tout les coups, ne les voyant pas souvent. Ce n'est pas un objectif pour moi donc advienne que pourras 🙂

    Je suis complètement d'accord avec flo sur le fait que gérer certaines visites non prévues te mettent constamment sur le qui-vive, surtout que je suis une bordélique 🙂 Cela dit ma maman (la seule a avoir les clés) sait qu'elle doit me prévenir quand elle passe, non pas pour cet aspect mais parce que j'ai mon intimité de manière générale.

    Enfin pour la petite anecdote, Mon père et ma belle mère ont décidés de passer une semaine chez moi alors que j'étais en vacances (Et ça s'est fais a l'arrache), j'avais tout rangé mais ma belle-mère a tendance a être maniaque, je lui ai dis avant qu'elle parte que si elle voulais s'amuser a remettre l'appart au carré elle pouvais mais qu'elle touchais eu aucun cas a ma chambre.


  • Les amis d'été

    @Véronique, tu as peut-être raison. C'est certainement le cas pour beaucoup sur le fait que les réticences envers les enfants sont juste une expression de la discrimination.

    Dans mon cas, pour la personne avec qui le problème se pose, j'ai un doute (et je me trompe peut-être). Mais je pense que c'est un sujet que certaines personnes n'ont jamais abordé avec leur enfants, et ils ne se sentent pas capable de leur expliquer. Peut-être qu'ils n'y ont jamais été confrontés et que leur culture ne les a pas ouvert à ça.

    Cette personne que je connais depuis plusieurs décennies (on était à l'école ensemble), n'a jamais eu de comportement homophobe. Elle a certainement bien rigolé sur des blagues discriminantes, mais est-ce suffisant pour la classer dans les homophobes. J'ai bien rigolé sur les blagues sur les belges, et je n'ai rien contre eux et jamais je ne discriminerai un belge en dehors des blagues rarissimes. Surtout que la personne qui ne souhaite pas que je me présente à ces enfants a été très gentille et elle est même revenue me voir pour discuter et me confirmer que ça ne change rien pour elle. Donc, je pense que je suis en face d'une personne qui ne sait pas gérer la situation et qui ne connaît pas notre positionnement. Je pense qu'elle a peur de croiser un personnage de la cage au folle, car c'est malheureusement la seule image dans la culture populaire de la question de genre non binaire.



  • @nathalie, comme image peu valorisante, il y a aussi Katia dans Le père Noël est une ordure.



  • Oui, @Nathalie c'est possible qu'ils ne sachent pas trop comment gérer ça... Dommage, du coup ça laisse un truc un peu gênant. On a beau planquer tout, les enfants ne sont pas bêtes et voient sentent aussi les choses. 😉

    Je crois que le fond est que notre particularité n'est pas considérée comme valorisante dans la société et encore plus dans la famille... si seulement ça pouvait être une compétence positive comme une autre ☺



  • coucou,


    Moi ce que j'avais compris de ce qu' évoquait Véronique, c'est un peu comme dans la chanson de l'auvergna de Géorges Brassens...

    " Pas les enfants" Comme si certains ne toléraient pas mais faisant semblant, et que l'image innocente et de préservation lié à l'image d'un enfant pouvais servir de "prétexte".

    Je me fais peut-être trop d'idées... Et je crois que je m'écarte du sujet..aussi ^^



  • Il y avait aussi de ça. De même, les proches peuvent faire bonne figure pour x raisons mais ne jamais accepter vraiment. C'est triste mais assez réaliste je pense 😕



  • Ce printemps, j'ai déjà informé ma fille, mes parents, mes frères, mes belles-sœurs, mes nièces. A l'automne, je vais étendre au cercle des oncles, tantes et cousins-es. Il faut dire que je suis en transition complète et que d'ici qqs semaines, me présenter au masculin sera impossible.

    Je commence à voir régulièrement mes proches en Claire. Etonnamment, comme ils me supportent dans ma transition, ils continuent quasiment à se comporter comme avant en ma présence et c'est moi qui me trouve à gérer plus difficilement. Par moments, je suis à l'aise mais plusieurs fois dans la journée me revient à l'esprit que je suis en rupture avec des années de présence masculine et que je leur impose un effort d'adaptation. Bref, je cogite et évoluer au féminin en leur présence ne m'est pas vraiment naturel, spécialement pour passer de ma voix masculine à ma voix féminine. Un peu comme une personne qui a été élevée dans une région avec un accent marqué, qui y retourne de temps en temps et retrouve son accent sans même s'en rendre compte. Je sens le retour de ces "réflexes" sur la voix mais aussi sur le comportement. Du coup, je me sens en partie une attitude masculine dans une enveloppe féminine. C'est très désagréable.


  • Les amis d'été

    @mélanie 

    Ah oui  beurk et beurk !


  • Les amis d'été

    @gwenaelle,  je suis en femme à temps partiel et c est bien ce sentiment que j ai parfois avec certains 

    Ils font bonne figure mais cela les gêne.  Je viens de mettre une expression sur un ressenti...

    Merci. 


  • Les amis d'été

    Oui, j'ai très peur que certaines personnes fassent bonne figure. C'est une angoise d'imposer à un proche quelque chose qui le dérange. C'est d'ailleurs pour cette raison, que je ne me presente qu'une fois sur 2 (ou 3) en femme.



  • En ce qui me concerne il y a 2 personnes qui sont au courant: ma copine car elle a vécu mon évolution avec moi, et ma soeur à qui je l'ai annoncé il ya 1 an environ et qui l'a très bien pris (je savais déjà qu'elle est très ouverte sur ces sujets). On n'en parle pas plus que ça et elle ne m'a jamais vue à part en photo, mais au moins je peux parler de maquillage et autres "trucs de fille" sans filtre.

    En dehors de ces deux personnes aujourd'hui personne ne sait, même si j'expérimente de plus en plus pour savoir à quel point je peux exprimer qui je suis, et je pense que certaines personnes ont de gros soupçons.

    Je ne pense pas que mon frère soit prêt à l'entendre, mon père n'en parlons même pas, et ma mère je ne sais pas mais je ne ressens pas vraiment le besoin de lui en parler.

    Mes amis... Dur à dire... Mais chaque chose en son temps.

    Tout ça ne répond pas vraiment aux questionnements de Flo dans son poste mais c'est l'état actuel des choses pour moi. J'essaie de faire les choses de façon organique. Aujourd'hui je pense enfin savoir qui je suis à ce sujet ; je n'aurais pas pu en parler à ma soeur avant de le savoir. J'en parlerai aux autres personnes quand je sentirai que c'est le bon moment.