Transidentité et boulot



  • @claire EXCELLENT conseil ! Tu as tout à fait raison, pousser les gens à bout pour les faire dégager, c'est connu !

    Avoir une traçabilité des choses est la meilleure façon de se défendre, en faisant ainsi des pièces qui pourront servir devant les prud'hommes ou au pénal suivant l'ampleur de la chose.

    Pour être encore plus vicieuse, la victime peut retranscrire dans un courriel les propos de sa hiérarchie :

    exemple " Vous m'avez indiqué verbalement le XXXX lors de la réunion YYYY où étaient présents ZZZZ,NNNNN et RRRR, que ma transidentité bla bla bla .... . Je vous rappelle que conformément au code du travail articles XXX et XXX que ces propos constituent une discrimination bla bla bla". Soit la hiérarchie réponds et dément, auquel cas elle mange son chapeau sur les raisons de la non augmentation, soit elle ne dit rien et donc consent ... avec les conséquences que cela aura !

    Très bon conseil Claire.



  • Bonjour 🙂

    J' alimente le sujet en répondant à quelques questions.

    Je précise tout de même que ma démarche en postant ma mésaventure est d'informer les personnes qui souhaitent en parler au travail 🙂

    Me concernant j'ai été cordialement invité à en parler par mon psychiatre, car il fallait identifier les éventuels points négatifs de ma vie pour que je sache vers ou je vais d'un point de vue professionnel. C'est pour cette raison que j'en ai parlé à ma direction 🙂


    Concernant l'aspect juridique @Claire : Ils sont très malins. En fait, il sont sur le point de me refuser mon augmentation parce que " je ne suis pas motivé" dans mon travail et que je doit être capable de laisser "mes problèmes "de coté au travail. Que pour eux, je me sens mal dans mon travail parce que je suis trans'.

    J'ai subit des remarques désobligeantes au travail, à plusieurs reprises, et c'est arrivé en me criant dessus, ce qui m'a blessé. J'ai trop à cœur de faire du bon travail mais c'est comme ça. Sur le coup cela m'a fait culpabilisé et j'ai continué à aller au travail avec la crainte de me reprendre des coups de batons. J'en ai parlé à mes psys, pour eux je n'ai rien a me reprocher, c'est le client qui est en faute. Nous avons analyser ensemble l'histoire et pour eux, aujourd'uit je me sens mal à cause de mon travail.

    Ce qui traduit des choses, notamment qu'ils ne comprennent pas ma situation. Il me semble qu' actuellement la dysphorie est reconnue comme une maladie.

    A mon sens c'est comme si j'était handicapée et qu'on me reprochais de venir en chaise roulante au travail....

    Qu'importe leur décision pour la suite, je vais tout d'abord me syndiquer, ça fait longtemps que je veux le faire mais je n'ai jamais compris comment on faisait.

    Je ne pense pas que je posterais ma conclusion de tout ça. A voir. Le but de ce post était vraiment de mettre en garde tout le monde en particulier celle qui pensent en parler à leur direction et de donner quelques astuces pour se protéger avant.

    Bisous 🙂



  • C'est naturel, tu gères tes données à ta guise, personne n'a rien à te dire là dessus.

    Mais tu as bien fait d'alerter la communauté, cela aura permi à des tas d'infos d'émerger et qui pourraient servir à d'autres copines un jour ou l'autre.

    Ce que tu décris s'appelle du harcèlement moral. Ni plus, ni moins.

    Par contre c'est ta direction qui t'a demandé d'aller voir un psy ? Si c'est ça, mais ... mais qui sont ils ??? Ils ne sont pas médecins, ils n'ont pas à s'exprimer sur des questions médicales, ils n'ont pas d'ailleurs à avoir ce genre d'informations, ni d'en trâiter ! Il n'y a que le médecin du travail qui pourrait t'en parler, mais sachant que tu n'est absolument pas obligée, même au médecin du travail, de parler de ta transidentité. Tu subis un harcèlement au travail, plus un forme de viol, celui de ta vie privée. C'est très très grave !

    Pour te syndiquer, très simple ! Déja tu n'a pas à avertir ton employeur que tu te syndiques, c'est aussi ta vie privée.

    Il faut choisir ton syndicat, chacun à des visions propres du monde du travail et des relations avec le patronnat.

    Deux grands camps pour résumer : les revendicatifs, et ceux qui privilégient leurs relations avec le patronnat.

    Dans les revendicatifs : CGT et FO, dans les autres : CFTC, CFDT et CGC. Après c'est aussi le façon de penser du délégué syndical qui va influer, il peut y avoir des variantes locales.

    Je te conseilles pour faire ton choix de regarder les positions nationales de ces syndicats.

    Par exemple ceux qui ont combattu les reformes des retraites, de la sécu, la loi travail ... et ceux qui l'ont accompagnée. C'est un sujet en exemple, il faut aller vers une organisation dont les positions coorespondent à tes idées.

    Tu pousses la porte du local syndical correspondant, ou tu vois un élu de cette organisation, tu demandes un bulletin d'adhesion et c'est parti.

    S'il n'y a pas de syndicat dans ton entreprise, il te faudra te tourner vers l'union départementale du syndicat correspondant.

    En espérant t'avoir étée utile.

    Bizzzzz



  • Puisque le post est fait pour évoquer les situations dans les entreprises, je reposte ici un extrait des étapes personnelles importantes que j'ajoute à ma page de présentation.

    Je travaille dans une grande entreprise. Mon changement de poste est prévu pour septembre. Les RH et mon futur hiérarchique sont désormais informés de ma transition. Bon voire très bon accueil, comportement neutre et vigilant pour mon intégration dans mon nouveau poste (et avec de nouveaux collègues).

    A venir, un entretien avec le médecin du travail, une réunion d'information pour ma hiérarchie sur la transidentité et une réunion de préparation de mon intégration dans l'équipe (quels messages passer et quelles précautions prendre).

    L'équipe LGBT bénévole qui œuvre pour informer les RH, la médecine du travail, les assistantes sociales, … depuis quelques années a bien préparé le terrain. Ces interlocuteurs savent désormais un peu mieux comment gérer cela. D'ailleurs, à la rentrée, il y aura une session d'information pluri-disciplinaire sur la transidentité pour ces professionnels. Les choses vont dans le bon sens. Je vous en reparlerai si j'en ai des retours.



  • Bonjour A toutes,

    Je suis en phase de récolte d'information :


    Je viens d'y penser en écrivant mais peut-être que les associations sauraient ?

    @Johanne-Langlois : Non ce n'est pas ma direction. Je me sens mal depuis de nombreuses années, j'ai essayer de me débrouiller seule mais sans succès. J'ai consulté une psychologue qui m'a par la suite encouragée à consulter un psychiatre, puis de fil en aiguille voila 🙂

    Par contre si l'employeur ne sais pas ce qu'est la trans-identité, auprès de quelle autorité peut-il faire appel ? En fait, j'ai l'impression qu'ils n'ont pas compris ce sujet.

    Suite à beaucoup de réflexion et en décortiquant la conversation dans mon esprit, j'ai l'impression qu'on ne me reproche pas d'être trans', mais le fait d'être triste au travail ( qui est parfois lié à ma trans-identité) mais qui est principalement lié au mépris que certaines personnes ont pour mon travail ( ils ne sont visiblement pas au courant de ce dernier détail). Du coup ils pensent que je suis démotivée et que ce n'est pas bien pour leur image, donc ça justifie la "sanction". Ou alors ils veulent que je mette ma trans-identité au vestiaire.... Dans ce cas je ne vois pas du tout comment faire... 

    J'ai du coup l'impression d'être dans un fouillis entre ma propre analyse qui n'est pas forcément correcte, de fait de la nouveauté de la situation, et que la leur l'est également.

    Bref, un gros bazar en perspective je crois...


    Merci pour les retours en tout cas



  • Pour que ton entreprise s'informe sur la transidentité, tu peux leur proposer de lire le doc de Chrysalide (http://chrysalidelyon.free.fr/...) et de prendre contact avec L'autre Cercle, regroupement d'entreprises qui désirent favoriser l'inclusion LGBT : http://www.autrecercle.org/

    Par ailleurs, si ton travail est "méprisé", cela ne relève plus de la transidentité, mais de la communication interne. Ton manager direct se doit de t'aider et de valoriser les activités menées dans son équipe pour faire en sorte qu'elles se passent au mieux et donc de façon productive pour l'entreprise. Un basic du management ! Il faudrait en discuter explicitement avec lui et avec les RH en utilisant le ressenti et le mot "mépris".



  • Bonjour,

    Je viens maintenant alimenter de nouveau ce sujet qui pourrais peut-être servir à plus d'une.

    Tout d'abord, après un an et demi de galere au travail sous plusieurs aspect j'ai eu droit à mon entretien annuel en début de mois.

    Après avoir échangé sur ma réussite dans ma mission et les tâches qui m'ont étés confiés, j'ai attendu la fin de l'entretiens pour aborder le sujet de ma trans-identiée, pour ma responsable, il est hors de question que ce sujet soit abordé dans le cadre du travail. Ce n'est pas vendeur pour le client et je risque, à termes de devenir "invendable" pour ma société. Donc si je veux vivre, ce sera dans une autre entreprise.

    Je voue avoue que suite à cette annonce je n'ai pas très bien dormi, le lendemain, j'ai contacté le service RH de mon entreprise pour avoir une réponse claire et définitive sur mon cas. On m'a tout d'abord remercier pour mon honnêteté et la confiance que je leur accordais. Ils ont pris ma demande en compte, feraient le point avec l'ensemble de la direction ( et certainement le service juridique) m'assurant que j'aurais des nouvelles bientôt.

    C'est donc ce matin que j'ai eu la "réponse officielle" de mon entreprise, a savoir qu'ils n'avaient aucunement le droit de m'interdire quoi que ce soit et que c'était leur devoir de faire en sorte que je me sente bien dans mon travail. Il va sans dire que je peux m'habiller comme je le souhaite tant que je ne m'habille pas de façon inappropriée ( trop vilgaire, trop cool, jean déchiré, style punk, etc).

    Je n'ai eu droit qu'a une conversation téléphonique, mais c'est déjà ça. Je devrais prochainement avoir une entrevue réelle avec les différents responsables de mon entreprise. A suivre.

    Pour finir je ferais part de ma conclusion, qui est, ne pas abandonner, réfléchir, faire preuve de souplesse ( mais si tabarnack c'est pas évident) pour renvoyer une image la plus positive possible.

    J'attend d'avoir une partie de ma prime pour adhérer à un syndicat, visiblement la CGT compte défendre l'intégration des personnes transidentitaires au travail.

    Voilà



  • il y a du positif dans la reponse c est deja ca !!!!

    ensuite il faudra aussi gerer les relations avec les collegues



  • Bon et bien voilà de bonne nouvelles ! Comme quoi il ne faut jamais rien lacher, ne jamais courber l'échine ! Bravo Gwenaelle !



  • @Johanne-Langlois a dit :

     ne jamais courber l'échine

    Je préfère mourir debout que de vivre a genoux !


    Comme dis sur le chat, j'espère que ta hiérarchie au dessus te soutiendra et t'aidera vraiment sans t'endormir avec des paroles, quel que sois le résultat il y a déjà du "réalisé" plutôt que du "rien" et encore une fois si tu fais évoluer les choses, ce sera déjà une grande victoire pour toi mais aussi pour les futures personnes 🙂

     



  • Ce message a été supprimé !


  • @JulieThéia a dit :

    @Johanne-Langlois a dit :
     ne jamais courber l'échine
    Je préfère mourir debout que de vivre a genoux !




     

     Vivre libre ou mourir



  • C'est là un fait essentiel : apprendre à relever la tête. Cela serviera à d'autres, et pour également d'autre combats. Le cheminement mental est important.



  • J'ai averti uniquement un collègue et mon responsable direct de ma transition. Ils m'ont encouragé. Un jour, je suis venue au féminin (bon je l'étais déjà passablement). Nous avons discuté cinq minutes avec les autres collègues, qui tous connaissaient des transgenres. Le chef de service et les autres collègues ne m'ont jamais posé de questions. A la cantine, c'est Madame. J'attends ma nouvelle carte d'identité pour faire changer mon état civil par la RH et recevoir enfin mon nouveau badge.



  • @Gwendoline Et bien tant mieux pour toi, ce genre de situation de travail est rare, suffisamment pour être souligné tel que tu le fais ! Cela te fait ouvertement un poids de moins à gérer. Dans bien des entreprises, les ouvertures d'esprit sont aussi vastes que le chas d'une aiguille ... entre foot, alcool, religion et - disons le ouvertement - extrême droite, le quotidien d'un ou une transgenre est très compliqué, voire impossible.



  • @Johanne-Langlois Oui justement c'est ce qui se dit. Mais, je n'ai jamais eu de problèmes, même dans des endroits réputés transphobes, ni au lycée de ma fille, ni au don du sang, ni en ville, ni à l'église, ni chez les médecins, ni ailleurs. Je ne dis pas que je ne fais pas jaser. De tout façon, vu les tenues que je porte tout le monde me connais et cause. Même ce weekend à Paris et en particulier dans le 19e, je n'ai pas eu de soucis avec la population cosmopolite ambiante. La banque a changé ma civilité et mes prénoms dans la journée, dito pour les impôts. Les seules difficultés que j'ai eu c'est celles que je me faisais moi-même toute seule dans ma tête comme une grande.



  • Bon, je vais polluer le topic de Gwen mais tant pis. Je vais faire mon petit retour perso.

    Donc j'avais rendez-vous ce midi pour faire mon coming-out au boulot. Bon je passe sur la demi-heure de retard de mon supérieur, j'ai l'habitude. Donc j'avais convié lui et le chef de mon plateau sur site. 

    J'ai été directe au but du pourquoi je voulais les voir : je suis trans, j'ai commencé un traitement hormonal, toussa². Ils n'ont pas eu l'air choqué (mon chef à même dit qu'il était pas vraiment étonné, merde je suis si prévisible que ça ?). Du coup, mon supérieur ma remercier de les prévenir et m'a qu'il avait déjà eu un cas auparavant dans son ancienne boite, apparemment ça c'est mal passé pour la personne, du coup il est au courant que ça peut-être délicat, et que du coup, bah il me soutiens et que j'hésite pas à aller vers lui et lui parler des soucis éventuelles que je pourrait rencontrer. Ils ont, bien évidemment, posé des questions si ça n'allais pas gêner le travail, si j'aurais besoin de congés, ... Que des questions positives. Du coup très bon RDV avec eux, très bien passé, et dès que mon changement de prénom est fait il me refait un badge d'accès avec le bon prénom (ça c'est cool !).

    Très bonne journée 🙂



  • @Gwendoline : respect donc ! Ici c'est plus que ce qui se dit, c'est ce qui se vit, et visiblement ma région doit se situer sur une autre planète !!! brimades, insultes, insinuations graveleuses, discrimination et j'en passes sont le lot quotidien de la communauté lgbt dans son intégralité. C'est le sud quoi !!! Et effectivement j'ai bien moins de soucis à l'étranger ou plus au nord. D'où mes inquiétudes constantes de "passing", car par ici ça peut rapidement être une question de sécurité, sans être parano ! Il y a une dizaine d'années un jeune homme s'est fait abattre à Bollène car il avait les cheveux mi-longs. J'ai un collègue gay dans mon entreprise, je peux t'assurer qu'il est vraiement bien fait pour ainsi résister à ce qu'il peut subir de la part de pas mal de gens ... même de certaines nanas "bio" ! Si cela se passe aussi bien pour vous, c'est tout simplement génial, et je vous envie à un point que vous ne pouvez imaginer.


  • Les amis d'été

    @Johanne-Langlois, je confirme que le sud me semble plus hostile que le reste de la France. Je me méfie de beaucoup de lieux, alors que je ressent pas ça vers le nord. Mais, c'est peut-être l'effet 'touriste'.



  • Histoire de voir d'autres témoignages, un petit article court mais instructif notamment car il rappelle l’obligation légale de protection d'une entreprise face à toute discrimination, pas seulement trans ou LGBT d'ailleurs.